Randonnée dans les Cirques de la Réunion

du 29 avril 2006 au 4 mai 2006

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Samedi 29 avril : Deux-Bras ---> Aurère

Nous voici à pied d'oeuvre ! Il est 10 h 30 et nous attendons le 4x4 qui doit nous remonter le long de la Rivière des Galets jusqu'à Deux-Bras, point de départ de notre rando qui nous permettra, si tout va bien, de rallier Cilaos en 5 jours, en suivant le GR R2.
L'itinéraire n'est pas celui que nous avions établi initialement, mais de nombreux sentiers sont encore coupés, suite au passage du cyclone Diwa, en février. Il nous a donc fallu composer un "menu" qui tienne compte des étapes possibles, des chemins praticables... et de notre supposée condition physique !

Après 1 heure de piste chaotique (au long de laquelle nous avons pu constater les dégâts causés par les pluies torrentielles) nous nous lançons donc à l'attaque de Mafate. Objectif : Aurère, environ 800 m de dénivelé positif et 4 (?) heures de marche.
Au départ le sentier suit le lit de la rivière et au bout de quelques centaines de mètres il faut se déchausser pour franchir un gué. A peine 10 minutes de marche et... nouveau gué ! En fait il nous faudra franchir 4 fois la rivière à gué avant d'atteindre le sentier qui grimpe vers Aurère. A chaque fois même scénario : enlever les chaussures, traverser la rivière pieds nus, dans le courant, en évitant de glisser, se rechausser, repartir... Martine râle, comme il se doit, et j'ai bien du mal à la convaincre de ne pas rester chaussée pour traverser... Au dernier gué le sentier a complètement disparu dans les éboulis et nous avons bien du mal à trouver un passage praticable pour passer. Le courant est fort, la rivière assez profonde et aucun passage ne semble vraiment évident. Nous finissons par nous décider pour une succession de gros rochers qui nous mène près de l'autre rive, avec juste un bref passage dans la rivière ; je passe le premier, de l'eau jusqu'au dessus des genoux, Martine se lance à son tour... et glisse, déséquilibrée par le courant ! Plus de peur que de mal, elle s'est tout de suite redressée et s'en tire avec les vêtements trempés jusqu'à mi-corps. Heureusement qu'il fait grand soleil ! le contenu de son sac à dos ne semble pas avoir trop souffert de cette brêve immersion, et nous reprenons notre route, sur un sentier qui s'attaque aux contreforts du Piton Cabri en lacets serrés et bien pentus.

Nous voici dès à présent confrontés à ce qui fait la particularité des sentiers de la Réunion : les pentes sont raides et constamment ravagées par des pluies torrentielles, alors les chemins sont souvent de véritables escaliers dont les marches sont soit taillées dans la roche, soit fabriquées avec de la terre étayée par des rondins de bois. Formidable travail effectué par les équipes de l'ONF qui entretiennent tous ces chemins et doivent les remettre en état après chaque pluie importante (et elles sont fréquentes ici !). Les endroits les plus dangereux étant toujours équipés de rambardes ou de cordes, ces sentiers sont donc très sécurisés, même lorsqu'ils sont rendus glissants par l'humidité, mais ces heures de "marches" vont s'avérer pénibles pour nos genoux déficients, surtout pour Martine car nombre d'entre elles seront bien hautes pour ses courtes jambes !!!
Pour l'instant c'est moi qui souffre ! j'ai le souffle coupé par la rapidité de l'ascension, et n'arrive pas à trouver le rythme : manque d'entraînement, changement d'altitude après ces longs mois passés au niveau de la mer, chaleur, poids du sac à dos... quelle qu'en soit la cause, si je fais de fréquents arrêts dans la montée de Bord Bazar, ce n'est pas pour attendre Martine, mais bel et bien pour essayer de reprendre mon souffle !

Nous voici enfin au sommet de la montée de Bord bazar et c'est un sentier ombragé, en pente douce, qui nous conduit jusqu'à Aurère, l'ilet où nous allons passer la nuit. Il est 16 h, finalement nous aurons mis près de 5 h pour faire la montée, au lieu des 3 h annoncées sur le topo-guide (nous allons vite comprendre qu'il nous faut quasiment doubler les temps de marche annoncés sur le GR !!!) Nous trouvons facilement notre gîte et un accueil cordial de sa propriétaire. La chambre, comme toutes celles que nous aurons par la suite dans ces gîtes de montagne, est petite mais très correcte, dans un bâtiment comprenant plusieurs chambres et des sanitaires communs. Une bonne douche, des vêtements propres et secs et les fatigues de la journée commencent déjà à s'estomper... Nous goûtons la calme et la sérénité de ce petit village perdu lorsque .... débarque une bande de 13 adultes et 8 enfants de 6 à 12 ans environ, bruyants, sans-gêne, qui vont nous pourrir la fin de la journée ! Lorsque les sales gosses seront enfin couchés, ce seront les adultes, bien emmêchés après un repas trop arrosé, qui vont nous tenir éveillés jusque tard dans la soirée ! et dire que nous sommes venus ici pour le calme et le silence de la montagne !!!

Le dîner est copieux, traditionnel (punch, salade de chouchous, rougail saucisses et poulet, gâteau maison et rhum arrangé), la conversation avec les autres randonneurs partageant notre table est agréable, malgré le bruit de la tablée voisine. A la fin du repas la propriétaire du gîte vient nous faire la conversation, occasion de découvrir un peu de la vie des habitants des îlets.
Un petit massage des jambes et des épaules afin d'éviter de se réveiller avec trop de courbatures demain matin, et il ne reste plus qu'à attendre que nos bruyants voisins se calment...

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