Randonnée dans les Cirques de la Réunion

du 29 avril 2006 au 4 mai 2006

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Dimanche 30 avril : Aurère ---> Grand-Ilet par le Sentier Scout

Finalement, une fois la bande calmée, nous avons passé une bonne nuit et avons l'agréable surprise de nous réveiller sans trop de courbatures.La montagne est magnifique au soleil levant, les quelques nuages accrochés aux sommets hier soir ont disparu pendant la nuit et, après un solide petit déjeuner, c'est sous le grand bleu que nous entamons notre seconde étape, direction le Cirque de Salazie via le Sentier Scout.
Il est 8 h 20 et l'air est encore frais, bien que nous ne soyons qu'à 950 m. Le sentier commence par une bonne descente, ombragée, fraîche et humide, vers Ilet à Malheur que nous atteignons en une petite heure, après avoir franchi le Bras Bémale sur une passerelle (nous en avons heureusement fini avec les passage de rivière à gué !). Nous traversons l'îlet, bien fleuri, et commençons notre ascension vers La Plaque sous l'ombre de grands filaos.

La pente n'est pas trop rude et le sentier assez agréable, sans marches pour une fois, mais dès les premieres pentes un peu raides Martine ressent une douleur à la hanche : fatigue de la veille ? mauvais couchage ? malgré un nouveau massage la douleur persiste et la montée lui est pénible. Dans ces conditions la journée risque d'être dure car nous devons grimper sans discontinuer depuis les 830 m d'Ilet à Malheur jusqu'à rejoindre la route du col des Boeufs, à 1620 m avant de redescendre sur Grand Ilet, dans le Cirque de Salazie, où nous attend notre chambre d'hôte ! et le topo-guide prévoit au minimum 3h30 pour cette ascension...
Pour ma part je me sens plutôt en forme, oubliés les problèmes de souffle d'hier ! ce ne devait être qu'un problème de " mise en jambes" ...Nous poursuivons notre montée, lentement, en ménageant des pauses pour Martine : Ilet à Malheurs les Hauts, La Plaque, le Captage Grimaud et nous attaquons la Pente Gardien qui doit nous mener au Grand Rein puis aux Deux Fesses (ah, le charme des noms créoles !). La pente est de plus en plus raide, nous voici à nouveau dans des passages en escalier et Martine peine à se hisser de marche en marche, avec sa hanche douloureuse.
Il est 13 h lorsque nous atteignons enfin la crête du Grand Rein, après une montée qui a paru interminable à Martine. Un vent frais souffle au sommet aussi ne nous attardons-nous pas et nous filons sur le sentier abrité et ombragé qui traverse le plateau de la Sale. Le topo-guide prévoit 50 mn pour atteindre la route goudronnée, mais au vu de ce que l'on vient de faire, nous préférons prévoir 2 h ! Ce qui nous console un peu c'est que d'autres randonneurs que nous croisons nous font les mêmes commentaires sur les temps de parcours annoncés... d'un autre côté nous rencontrons régulièrement, ou nous nous faisons doubler, par des "oufs" qui parcourent le sentier au pas de course... sans doute de futurs participants au Grand Raid !

Le passage de la crête des Deux-Fesses offre une vue magnifique sur le Cirque de Mafate d'un côté et sur la ravine du Bras Bémale de l'autre. La crête est tellement étroite que l'on se croirait sur l'arête d'un mur. Heureusement qu'il y a ces paysages grandioses pour nous récompenser de nos efforts !
Une courte descente vers le Bras Bémale, assez vertigineuse (merci à ceux qui ont équipé la paroi d'un filin servant de main courante !) et nous voici à nouveau dans une forte remontée en escaliers qui va enfin nous conduire au Cirque de Salazie. Il est 15 h lorsque nous prenons pied sur le goudron. Cela fait donc près de 7 heures que nous avons quitté Aurère, au lieu des 3 h 30 annoncées dans le topo-guide. C'est sûr, à l'avenir nous doublerons tous les temps annoncés (dans mes prévisions je les avais majorés de 50 %, ayant l'habitude de faire les sentiers des Alpes avec seulement 25% de plus que les temps annoncés....).
La vue, sur le Cirque de Salazie d'un côté, sur celui de Mafate de l'autre, est magnifique... dire qu'il y a un an jour pour jour nous étions au même endroit, sous la pluie, guettant une déchirure dans les nuages pour essayer d'apercevoir les paysages !

D'après les indications données au téléphone par la propriétaire de la chambre d'hôte, il nous reste 2,5 km de goudron avant d'atteindre notre but. Nous entamons donc gaillardement la descente vers Le Bélier... il n'y a pas de bornes kilométriques puisque nous sommes sur une route forestière, et au bout d'un moment nous commençons à trouver que les kilomètres sont bien longs ! Enfin nous arrivons aux premières maisons et je me renseigne sur notre chambre d'hôte... horreur ! j'apprends que j'ai mal compris au téléphone et qu'il nous reste encore 3 km à faire ! (en fait c'était 2,5 km à partir de la fin de la route forestière sur laquelle nous venons de parcourir un peu plus de 5 km !)... je ne vous dis pas la tête de Martine !!! Nous rassemblons donc notre courage et nous voici repartis pour cette ultime étape.
Finalement il est 17 h lorsque nous atteignons enfin, soulagés mais "rinçés", notre chambre d'hôte. La gentillesse de l'accueil, le confort de la chambre, une bonne douche bien chaude, un excellent repas pris en compagnie de gens très agréables et une excellente nuit vont effacer les galères de cette journée qui aura vraiment paru ""interminable"" à Martine ! ... et pour demain nous avons commandé un taxi pour nous ramener au départ du sentier, car il n'est pas question de se retaper les 8 km de bitume et les 650 m de dénivelé à pieds !!!

 

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